COMMENT EST CONSTRUIT LE CADRE CHRONOLOGIQUE DE L'ÉVOLUTION HUMAINE ?

(23/08/2022)


Jean-Jacques Bahain

Géologue et préhistorien de formation, Jean-Jacques Bahain est professeur au Muséum National d’Histoire naturelle au sein de l’UMR 7194 « Histoire naturelle de l’Homme Préhistorique ». Il a consacré l’essentiel de sa carrière à l’établissement du cadre géochronologique de l’évolution humaine à travers la datation de sites géologiques et archéologiques. Spécialiste de la méthode de datation par résonance de spin électronique, il utilise celle-ci, seule ou en association avec d’autres méthodes, pour préciser la chronologie des premières occupations humaines d’Eurasie à travers l’étude de systèmes géologiques et de gisements de référence régionale, afin de mieux caractériser et comprendre les phases successives de peuplements et de migrations humaines, animales et végétales, et de replacer les séquences archéologiques au sein d’un même cadre chronostratigraphique global. Ses activités de recherche sont basées en premier lieu sur une approche stratigraphique de terrain, fondamentale en archéologie paléolithique, et en second lieu sur une solide expérience de laboratoire dans le domaine de la géochronologie et de la caractérisation physico-chimique des sédiments et des matériaux provenant des gisements géologiques ou archéologiques quaternaires. Ces travaux sont réalisés dans le monde entier et ont fait l’objet de plus de 200 publications scientifiques.

Conférence : Comment est construit le cadre chronologique de l'évolution humaine ?
29 juin 2022, 12h15 - 13h — Amphi 34B

Le développement des méthodes de datations physico-chimiques a considérablement modifié notre vision de la chronologie de l’histoire de notre planète et des grandes étapes qui ont marqué celle-ci, en particulier sur la période couvrant les derniers millions d’années au cours de laquelle la lignée des hominidés a évolué. Les scientifiques disposent ainsi aujourd’hui d’un large panel de méthodes pouvant être appliquées à la datation de nombreux types de matériaux sur des domaines chronologiques variés : méthodes radiométriques ou radio-isotopiques, directement basées sur la quantification des phénomènes de décroissance ou de croissance radioactives ; méthodes paléo-dosimétriques, utilisant l’échantillon comme un dosimètre ayant enregistré la dose de radiations qu‘il a reçu depuis l’événement que l’on cherche à dater ; méthodes chimiques, fondées sur une cinétique d’incorporation ou d’évolution ; méthodes physiques, comme par exemple celles fondées sur l’étude des variations d’intensité et de direction du champ magnétique terrestre. Toutes ces techniques, en complément des méthodes naturalistes, stratigraphiques, paléontologiques et paléoenvironnementales, fortement liées à la connaissance du terrain d’étude considéré, apportent ainsi des points de repères souvent cruciaux dans l’interprétation des gisements et dans la construction de la chronologie de leur mise en place et de leur évolution.


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