L’IA EST ELLE UTILE POUR MIEUX COMPRENDRE LE DEVELOPPEMENT DE L’ENFANT ET MIEUX INTERVENIR ?

(19/08/2022)


Isabelle Ouellet-Morin est professeure à l’École de criminologie de l’Université de Montréal, détentrice de la Chaire de recherche du Canada sur les origines développementales de la vulnérabilité et de la résilience et membre du Collège de la Société Royale du Canada. Chercheure au Centre de recherche de l’Institut universitaire en santé mentale de Montréal et au Groupe de recherche et d’intervention psychosociale (GRIP), elle examine les mécanismes génétiques, épigénétiques, hormonaux, comportementaux et environnementaux sous-tendant la vulnérabilité et la résilience des enfants, adolescents et jeunes adultes confrontés à de l’adversité à souffrir de problèmes mentaux et à manifester des troubles du comportement. Elle étudie ces questions notamment par le biais de cohortes d’enfants suivis de façon prospective, de la naissance jusqu’à l’âge adulte, de devis quasi-expérimentaux et d’essais randomisés. Elle codirige le Centre Axel – un accélérateur d’intelligence technologique en santé mentale – et est la responsable de l’axe Innovation sociale de l’Observation pour l’éducation et la santé des enfants (OPES), où elle soutient le développement et la diffusion d’innovations (techno)sociales dédiées à soutenir, en concert avec les acteurs des milieux, le développement optimal des jeunes et à promouvoir leur résilience, particulièrement ceux vivant en contexte d’adversité.

Conférence : L’IA est-elle utile pour mieux comprendre le développement de l’enfant et mieux intervenir ?
Jeudi 5 mai 2022, 16h45 - 17h30 — Amphi rouge

Comprendre les influences d’une multitude de facteurs de risque et de protection –des gènes jusqu’aux influences socio-culturelles– ancrées dans le temps et s’exerçant de façon individuelle, séquentielle et synergique sur les trajectoires développementales des enfants est l’ambition que s’est donnée la psychopathologie du développement. Plusieurs connaissances ont marquées cette discipline, reposant essentiellement sur des modèles statistiques inférentiels. Mais est-ce suffisant? D’autres approches, comme celles liées à l’apprentissage machine, pourraient apporter un regard différencié sur ces modèles étiologiques en proposant des agencements alternatifs de ces facteurs (équifinalité) rendant possible le développement d’interventions plus personnalisées. Plusieurs organisations, comme l'UNICEF, cherchent à circonscrire les opportunités et les défis liés à l’utilisation de l’intelligence artificielle pour mieux soutenir le développement des enfants, incluant des outils personnalisés soutenant la réussite scolaire ou une meilleure régulation émotionnelle. Ces questions seront abordées sous l’angle de l’application mobile +Fort, conçue pour soutenir les jeunes victimes d’intimidation. Pour cette application comme tant d’autres, le défi est de maintenir l’engagement des jeunes pour qu’elles aient les effets escomptés, notamment par le biais de fonctionnalités plus interactives, personnalisées et déployées en temps réel, permettant ainsi d’accroitre leur efficacité. Ces travaux montrent l’émergence d’une interface entre les solutions numériques et les enjeux de santé mentale à laquelle l’AI est appelée à contribuer.


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