L’INTELLIGENCE ARTIFICIELLE VA T ELLE PRENDRE LE CONTROLE DE NOS CERVEAUX ?

(07/08/2022)


Hervé Chneiweiss est neurologue et neuroscientifique, Directeur de recherche au CNRS. Il dirige le centre Neuroscience Paris Seine (CNRS /Inserm/Sorbonne Université). Ses travaux scientifiques ont été principalement consacrés aux mécanismes de signalisation des astrocytes , puis leur rôle dans l'origine des tumeurs cérébrales, dont il a identifié de nouveaux moteurs métaboliques de la progression et de la plasticité, ouvrant des pistes thérapeutiques. Il est l'auteur de plus de 170 articles académiques. Il est également impliqué en bioéthique, présidant actuellement le comité d'éthique de l'Inserm et le comité international de bioéthique de l'UNESCO, membre du comité consultatif de l'OMS sur le développement de normes mondiales pour la gouvernance et la surveillance de l'édition du génome humain, vice-président de l’ONG ARRIGE, expert sur la recommandation 457 de l’OCDE sur les neurotechnologies pour la santé. Il a écrit plusieurs livres sur la bioéthique des embryons humains, des cellules souches, la génétique et les neurosciences. Dernier en date : Notre Cerveau L’Iconoclaste 2019.

Conférence : L’intelligence artificielle va-t-elle prendre le contrôle de nos cerveaux ?
Jeudi 5 mai 2022, 16h - 16h45 — Amphi mauve

L'activité cérébrale est à la base de nos pensées, de nos émotions et de nos actions. L'activité cérébrale fournit des informations inhérentes à tous les êtres humains, sans distinction de sexe, de nationalité, de langue ou de religion. La centralité de l'activité cérébrale pour les notions d'identité, de liberté de pensée, d'autonomie, de confidentialité et d'épanouissement humain rend d'une importance primordiale l’analyse de l'impact éthique, juridique et sociétal de l'enregistrement (« lecture ») et/ou de la modulation (« écriture ») de l'activité cérébrale à travers divers dispositifs et procédures collectivement appelés neurotechnologies. Ces techniques, qui utilisent beaucoup d’algorithmes, sont développées pour permettre aux chercheurs et aux cliniciens d’améliorer notre compréhension du cerveau humain et résoudre les énigmes de ses maladies qui représentent un tiers de nos dépenses de santé est une priorité majeure. Dans le même temps, les données cérébrales deviennent une marchandise recherchée au-delà des secteurs académique et médical : bien-être, phénotypage numérique, informatique affective, neurogaming ... Cette disponibilité extra-médicale des données cérébrales individuelles nécessite un encadrement renforcé. Les risques comprennent la ré-identification, le piratage, la réutilisation non autorisée, l’atteinte à la vie privée mentale et à sa confidentialité, la surveillance numérique et d'autres utilisations abusives. Le récent rapport du Comité international de bioéthique de l'UNESCO identifie des dangers pour la liberté cognitive, la vie privée mentale, l'intégrité mentale et la continuité psychologique, qui sont déjà protégés en principe par les droits humains existants, mais doivent être plus explicitement respectés au regard du développement des neurotechnologies.


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