JUSQU'OÙ L'ARTISTE PEUT-IL FAIRE CONFIANCE AU HASARD ?

(13/08/2021)


Par Vera Mihailovich-Dickman, Maîtresse de Conférences en Interculturalité.

Au Cnam à Paris, le 2 juillet 2021 à l'occasion de TimeWorld 2021 https://timeworldevent.com/2021/fr/

En quoi les trajectoires et démarches de deux créateurs protéiformes, Henri Michaux et William Kentridge, sont-elles dues au hasard ? Né à Johannesburg (Afrique du Sud) Kentridge cherche sa voie à Paris à l’âge de 25 ans par la pratique du mime et du théâtre à l’Ecole Jacques Lecoq, mais ne se trouve pas assez doué. Or, persuadé qu’une politique marxiste s’opposerait à l’absurdité douloureuse de la société inégalitaire de son pays, il trouve une résonance en Europe chez les Dadaistes où poésie, politique, performance et industrie se réunissent dans les rencontres du plus grand hasard. Michaux, lui, quitte la Belgique à 20 ans pour prendre le large en tant que matelot, mais à l’âge de 24 ans se retrouve poète publié à Paris. Or, il va préférer, au Prix National des Lettres en 1965, s’autoriser à suivre une ligne « d’aveugle investigation » et des « trajets pictographiés, (…) sans règles ». Aujourd’hui, Il est exposé par plus de 300 galeries dans le monde et, toujours, à Paris en 2020. Kentridge, tournant également le dos à la maîtrise, s’autorisera à effacer – sa technique de marque : le droit à l’erreur, au recyclage, à la récupération, à la ré-création – au risque. Il est considéré comme l’un des plus grands créateurs contemporains et à cet artiste, récompensé du prix Praemium Impérial japonais en 2019, le LAM consacre une rétrospective majeure en 2020.


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